Et tout bascula pour une vulgaire histoire culinaire. Certains êtres humains, dans leur quête de sensations fortes, se sont mis en tête qu’il fallait manger des chauves-souris, des pangolins (cf wikipédia), des tapirs, des girafes, des lamantins, des narvals, des bélugas et autres animaux que, moi humble mortel lobotomisé à la culture végan, ne connaissais qu’au travers de documentaires télévisés.

Sauf que voilà, ce sont des bestioles qu’il vaut mieux avoir de l’autre côté de l’écran qu’en ragout ou en guise de croutons dans sa soupe de vermicelle. En mangeant ces créatures, certains se sont mis à tousser puis doucement à glisser vers une position horizontale définitive et non négociable. Un virus… Le genre d’ennemi invisible qui fait miauler même les militaires les plus féroces, pourtant possesseurs de l’arme de vitrification massive.

Ensuite, la mondialisation a fait le reste. Les Sapiens Sapiens, se sont déplacés à travers les contrées du globe et ont contaminé d’autres Sapiens Sapiens. On nous a dit alors: « STOP!! restez chez vous!! Ne voyez plus vos congénères. »

Et du coup, je fais comment moi? Les Sapiens Sapiens, ce sont eux qui me font vivre. C’est en me levant tous les matins aux aurores, quand la rosée inonde les godasses, quand le soleil commence à regarder par dessus les plaines que je fais vivre ma famille. C’est à la sueur de mon front et surtout de celui de mes congénères que je m’épanouie.

« Mais c’est pas grave, voyons, tu peux faire faire des séances de sport à tes clients bien au chaud chez toi, me dis-je, sans te déplacer, en voyant tes semblables au travers une lucarne. »

Alors qu’est-ce qu’il dit de ça le Covid? Il croyait qu’on allait arrêter de s’agiter à la moindre fièvre? Oui, tout à fait monsieur le ministre, on ne se laissera pas Covider de la sorte. On va faire du sport comme des sauvages, comme si notre vie en dépendait. Mais bien terrés au fond de nos grottes,  et surtout, comme le dit Martine de la boulangerie L’Epi Merdaprètout: « uniquement sans contact »

Bref, on se voit sans se voir quoi. Alors vivement que les humains arrêtent de manger des bestioles impossibles venus de contrées inavouables, qu’on puisse enfin retrouver le sport qui pue, qui fait du bruit, qui finit par une accolade, qui se vit dans le sang et les tripes. Où le coup de pied aux fesses n’est plus une expression mais un truc que tu vis dans ta chaire, où les molards sont légions et signe de bonne santé du sportif.

J.M